Je passe sans
encombre les portes de l’immigration, et on me remet une carte qui me permet de
résider dans le pays pendant une année complète. Dommage que mes études
m’obligent de ne rester que six mois et demi.
Avant d’abandonner
Narita pour découvrir la ville tentaculaire de Tokyo, je passe chez Softbank
qui se situe dans le terminal de l’aéroport pour acheter une carte SIM
japonaise. Je suis obligée d’acheter le téléphone japonais qui va avec, pour un
prix avoisinant les 10 000 yen (soit 80 euros). J’ai le droit à un mois de
forfait. Ensuite, je devrais acheter du forfait de type carte prépayée, valable
pendant deux mois. En moyenne, cela va me coûter 25 à 30 euros par mois. C’est
plus cher qu’en France, mais au moins je suis tranquille car je pourrais mieux m'intégrer à la vie japonaise pendant ces six mois.
Ma première
destination Tokyo pour une visite en voiture. Je fais halte à Odaiba et me promène sur le rivage artificiel. Le temps est radieux, je vois des
groupes de jeunes japonais qui profitent de leur dimanche en jouant au volley
ball sur la plage, des couples se promenant main dans la main et des
familles.
Une statue de la
Liberté miniature, avec pour arrière-plan le Rainbow Bridge, me fait comprendre
que l’architecture de Tokyo n’a pas de logique particulière. Les buildings ont
tous été conçus par une pléthore d’architectes, et les habitations ont poussé
comme autant de champignons d’espèces différentes, pour constituer cette
capitale tentaculaire. J’ai beau me hisser au 45 étage d’un building de
Shinjuku, les nuages me cachent la splendeur de Fuji-san. J’admire tout de même
cette vue surréaliste en dégustant un curry japonais accompagné de thé, pour la
modique somme de 1000 yen (environ 8,50 euros). En revenant dans le parking
souterrain de l’immeuble, je fais une halte aux toilettes. Conformément à mes
attentes, elles sont si propres qu’on pourrait presque manger par terre.
J’aurais aimé des toilettes high-tech avec eaux massantes et musique, mais je
me contente parfaitement de ces toilettes à la turque qui vous musclent les
cuisses quand vous êtes de la gente féminine (ça va, je vais pas vous faire de
dessin non plus...).
La peau du ventre
tendue comme un taiko, je reprends la voiture pour me diriger vers la banlieue
japonaise, accessible aussi en train, où les buildings disparaissent pour faire
place à des immeubles à deux étages et à des maisons de ville japonaises. Je passe
la soirée dans une petite maison de ville typique, avec un charmant jardin
envahi de bambous. En entrant, je ne peux franchir le seuil sans retirer mes
chaussures de ville et enfiler des chaussons. Je prends une bonne douche dans une salle de bain à la
japonaise, et jette un œil à la baignoire programmée sur la température de 43
degrés. Trop lasse pour encore plus me ramollir dans un bain brûlant, je me
dirige vers le lavabo pour me rafraîchir le visage. Quelle n’est pas ma
surprise en constant qu’au lieu de soulever le robinet pour l’ouvrir, il faut
le baisser ! Heureusement que j’ai vite compris et que je n’ai pas forcé
dessus avec entêtement…
En sortant profiter
du coucher du soleil (dès 19h, puisqu’au Japon il n’y a pas d’heure d’été/heure
d’hiver), je constate une mare d’eau sur un lopin de terre qui semble abandonné
entre deux maisons. Je m’approche de plus près, et comprend vite qu’il s’agit
tout simplement d’une rizière avant que le riz ne soit planté, alimentée en eau
par un conduit ressemblant à nos douves médiévales – mais en bien plus petit
bien sûr. Je repère vite un 7-Eleven dans les alentours, supermarché ouvert
quasiment non-stop, qui donne un accès au wi-fi et permet de retirer de
l’argent. De quoi faire le bonheur des gens du quartier.
Fatiguée par le
jetlag que les litres de thé et de café n’ont pas combattu si efficacement que
ce que j’espérais, je retrouve avec bonheur mon lit douillet (ou plutôt mon, doux futon), et m’apprête à
faire de beaux rêves japonisants.
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