S'il y a bien une chose qui est vraie concernant les "on dit" sur les Japonais, c'est qu'ils travaillent énormément. A tel point que le gouvernement a créé des jours fériés pour s'assurer que les travailleurs se reposent suffisamment régulièrement dans l'année. Mais contrairement aux Français qui attendent impatiemment leurs congés payés comme les enfants attendent la venue du Père Noël des cadeaux de Noël, les Japonais préfèrent parfois ne pas prendre leurs jours de congés pour s'investir toujours plus dans leur travail.
Cette culture de l'effort est en lien direct avec l'éducation : dès l'enfance, les examens scolaires se font exigeants, et l'esprit de compétition est omniprésent - même dans les activités sportives qui dans ce cas s'éloignent du concept de loisirs dans le sens où elles sont imposées dans les écoles.
De facto, le suicide est bien plus courant au Japon (également pour des raisons culturelles avec le seppuku si bien décrit par Yukio Mishima), et les cas de dépression sont bien réels - même si la maladie n'a été reconnue que très tardivement au Japon.
C'est donc pour pallier à une vie quotidienne constamment exigeante que les Japonais ont développé des formes de divertissements témoignant d'une imagination foisonnante : les manga et anime, les jeux vidéo permettent une évasion par la pensée dès que nécessaire. Une autre caractéristique bien japonaise est l'omniprésence des éléments mignons - kawaii -, et ce même dans le monde du travail : la plupart des entreprises se dotent de mascottes qui leur donnent une sympathie et une visibilité inégalables.
De nombreux Français pourraient ainsi accuser les Japonais de manquer de sérieux en étant enclins à des figures enfantines. En réalité, ces éléments kawaii sont un véritable vent de douceur dans cette société très policée, éduquée et respectueuse des règles et de la hiérarchie sans jamais y faire défaut. Décorer les bâtiments et les véhicules de petits animaux humanoïdes, c'est donc diffuser des images positives dans les lieux publics, et en un sens ça redonne le sourire à tout le monde - même au salaryman épuisé et en retard sur le chemin du travail.
Néanmoins, ces univers chimériques peuvent aussi nuire quand la tendance est poussée à l'extrême. On pense aux geeks qui ne sortent plus de chez eux, mais il y a aussi les accros aux costumes qui ne peuvent se sentir bien sans revêtir dès qu'ils en ont l'occasion des costumes de soubrette, de cosplay... Ainsi, j'ai pu croiser un couple de jeunes Japonais, déambulant main dans la main dans leurs costumes préférées : la jeune femme déguisée en soubrette, et son compagnon (impossible d'ailleurs de connaître l'identité de cette personne...) vêtu d'un costume intégral et plus vrai que nature... d'ours en peluche.
Je tiens à finir cette chronique sur la relativité de la mignonnerie : les Japonais raffolent de AnpanMan, une mascotte à l'effigie... d'un pain fourré à la pâte de haricots rouges (an pan). XD
PS : le personnage en vert à droite à une tête... de melon pan. #bienvenueaujapon


