L’automne
est la saison idéale pour aller admirer les couleurs chatoyantes des montagnes
couvertes d’érables. Non loin de Tokyo, je me rends en voiture à Karuizawa,
haut lieu de villégiature pour les amateurs d’air pur et de ski. Le soleil est
au beau fixe, avec une température quasi printanière. Ce qu’on appelle à tort
« montagnes » s’agit en fait pour la plupart de volcans, certains
actifs, d’autres parfaitement éteints. Le paysage est fascinant : de
splendides pins japonais s’accrochent sur des sommets rocheux escarpés et
apparaissent en contre-jour d’autant plus majestueux.
Je me rends dans un parc volcanique, au centre duquel trône
un temple dédié aux esprits et créatures peuplant les montagnes environnantes.
Le contraste entre les roches volcaniques désolées et les pins couleur d’or, le
tout baigné de la lumière vive d’un soleil de plomb, produit un effet
indescriptible sur le promeneur : on se croirait vagabonder dans un
paysage de film d’heroic fantasy.
Une spécialité culinaire de la
région me fait saliver d’avance : l’oginoya.
Il s’agit d’un pot en terre cuite contenant un repas bien savoureux constitué
de riz surmonté de marrons, navets, champignons, viande… et même d’un abricot
sec, et accompagné de légumes en pickles
(chose que les Japonais affectionnent particulièrement, dont la variété ne me
fait pas regretter nos basiques cornichons). Ce qui est sympa, c’est que
contrairement au bentô qui nous
oblige à jeter la boîte en plastique une fois consommé, on peut garder le pot
et le réutiliser - en boîte à bonbons par exemple !?
Karuizawa abrite quelques
merveilles naturelles et culturelles. Ses célèbres cascades au caractère
romantique attirent de nombreux touristes (pour la plupart chinois), son étang
entouré d’arbres d’un rouge flamboyant se prête aux plus colorés des selfies,
et les flancs des montagnes accueillent un nombre incalculable de résidences
secondaires haut perchées.
Mention spéciale pour le Musée d’Art Moderne abritant des
œuvres de Man Ray, Roy Lichtenstein et Marcel Duchamp, dont le parc vaut
également le détour, avec ses sculptures modernes en lieu et place des
traditionnelles pierres décorant les jardins japonais.
C’est donc les yeux remplis de
ces couleurs automnales que j’emprunte une route de montagne en zig-zag pour
retourner à Tokyo, en admirant au passage le coucher du soleil avec pour
arrière-plan le célébrissime Fujisan
(mont Fuji) et son sommet enneigé. Il m’aura tout de même fallu attendre près
de 5 mois avant de voir sa silhouette, étant donné qu’en été le ciel tokyoïte
était particulièrement nuageux, obstruant la vue au-delà de la skyline…
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